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Le conditionnement

Qu'est ce que le conditionnement ?

Un individu doit agir :
-    Réaction par hasard (curiosité, faim, motivation)
-    Déclenchement provoqué (dressage)
-    Déclenchement par imitation
Le comportement produit doit être renforcé par un stimulus appétitif (nourriture) ou aversif (décharge électrique). L’apprentissage se fera par récompense, punition ou évitement.

Le but des behavioristes est de décrire les lois générales du fonctionnement des êtres vivants. Ils les envisagent à travers les lois de causalité entre la modification de la situation et la réaction du sujet, changeant son comportement en vue d’une adaptation.

L’homme n’est pas né, il se construit, aussi Watson affirme :  « Donnez moi une douzaine d’enfants bien portants […] et mon propre milieu spécifique pour les élever et je garantis de prendre chacun au hasard et d’en faire n’importe quel type de spécialiste existant : Docteur, juriste, artiste, commerçant ou même mendiant ou voleur, sans tenir compte de ses talents, penchants, tendances, capacités, de sa vocation, ni de la race de ses ancêtres. »
Les behavioristes parviennent à une interprétation exhaustive de l’activité mentale et ainsi à sa prédiction par conditionnement. Ce courant de pensée considère que les comportements sont des réponses à des stimulations. Tandis que cette situation de conditionnement se réfère à un apprentissage répondant (réaction) ou opérant (action).

Le conditionnement est possible autant chez l’homme que les animaux.
Ainsi Pavlov expérimente cette idée avec un chien. Il avait remarqué, en travaillant sur la digestion de ces animaux, qu’ils salivaient davantage à la vue de la nourriture. C’est pourquoi il combina la présentation de la nourriture au son d’un métronome dont il pouvait contrôler la fréquence et l’intensité et qu’il pouvait reproduire de manière identique à chaque essai, afin de standardiser l’exercice. Après une trentaine d’associations entre ce stimulus neutre et la viande, le son du métronome perdait son caractère neutre pour produire la salivation avant même que n’apparaisse la viande.

Le conditionnement :
SI : La nourriture est le stimulus inconditionnel : Elle provoque, sans condition, une réaction de salivation.
SC : Le son est un stimulus conditionnel : Il ne provoque de salivation que sous la condition d’avoir été associé au stimulus inconditionnel.
RI et RC : La salivation est une réaction inconditionnelle lorsqu’elle est provoquée par la vue de la nourriture. C’est une réaction conditionnelle dès le moment où elle est provoquée par le seul son.

Sans le vouloir, vous aussi conditionnez vos gerbilles. Rapidement, elles savent parfaitement reconnaitre le son de froissement de plastique que fait leur paquet de nourriture, lorsque vous vous apprêtez à les servir. Vous savez ce qu'il vous reste à faire pour amadouer vos gerbilles !

Konorski et Miller approfondirent les expériences de Pavlov. Le métronome de Pavlov  fut remplacé par la flexion de la patte de l’animal. Ils constatèrent non seulement la même réponse inconditionnelle que chez Pavlov, mais de plus, le chien fléchissait la patte lorsqu’il avait faim.

Exemple d’expérience réalisé avec l’homme :
SI (Jet d’air)
RI (Clignement de l’œil)
SI (Air) + SC (Lumière)
RI (Clignement de l’œil)
SC (Lumière)
RC (Clignement de l’œil)

On peut aussi voir à l’œuvre le conditionnement, dans les réactions émotionnelles, autant chez l’homme que les animaux.
SI (Caresse)
RI (Bien être)
SI (Caresse) + SC (Son)
RI (Bien être)
SC (Son) 
RC (Bien être)

Le conditionnement semble aussi s'observer lors de la cohabitation de la gerbille. L'hypothèse que nous émettons part de cette interrogation : Quel cheminement engendre la rancune dont la gerbille parait être parfois affectée ?

Comment ne pas citer cet exemple vécu quotidiennement : Un discours sera plus ou moins convainquant selon la personne qui le prononce. Par exemple, vous vous fichez un peu de ce que je dis (très pertinent cet article, n'est-il pas). Autre exemple, un animal sera plus réceptif et obéira davantage à un ordre donné par son maitre, considéré au sommet de la hiérarchie, que par un inconnu.

Selon Thorndike, l’apprentissage s’effectue par essais-erreurs. Il analyse les transformations des conduites en confrontant des animaux à des situations et observe leur réaction. Lors de l’une de ses expériences, il a enfermé un chat affamé. Hors de la cage est disposé de la nourriture. Le chat peut sortir s’il appuie sur un levier. Le temps mit pour sortir de la cage diminue à la suite des tâtonnements et essais-erreurs, éliminant les séquences d’actions infructueuses et conduisant le chat à un apprentissage.

On remarque que le chat  de Thorndike est actif dans son apprentissage, contrairement au chien de Pavlov. Plus la satisfaction est grande, plus vite et longuement va s'établir l’apprentissage.

Le même type d’expérience est réalisé avec un singe. On enferme ce dernier dans une cage, une banane est placée à l’extérieur de la cage, hors d’attente du singe à main nu, mais un bâton a disposition. L’animal tente d’attraper le fruit avec ses mains, puis Insight, il saisit le bâton afin d’attraper l’objet de sa convoitise.

Skinner désire comprendre l’interaction de l’organisme avec son environnement. Il étudie l’action du sujet face à une situation nouvelle et la relation entre le comportement et sa conséquence. 

Afin d’étudier les conditions d’obtention et de suppression d’un apprentissage où le sujet doit produire un comportement avant que ne soit administré l’agent renforçateur, construisit une cage munie d’un levier permettant de libérer un petit morceau de viande. Tout comme les gerbilles, le rat explore son nouvel environnement et peut être conduit à appuyer par hasard sur le levier. Ce comportement est récompensé par l’agent renforçateur que constitue l’arrivée de la viande. L’animal tend à reproduire les séquences de comportements qui précèdent l’introduction de la nourriture dans la cage, dont la pression du levier. Progressivement l’animal affine ses comportements autour du levier, pour ne finalement que produire le comportement adéquat qu’est la pression du levier.

Rat avec des électrodes dans le cerveau En 1950, James Olds et Peter Milner, travaillant à l'université de McGill au Canada, implantent des électrodes dans le cerveau d'un rat. A la pression d'un levier, les électrodes peuventt provoquer une sensation déplaisante ou agréable, selon leurs positions dans le cortex. Lorsque la sensation s'avére désagréable, le rat évite le levier. A l'inverse, s'il apprécie, le rat peut appuyer sur le levier 2000 fois par heure. Hé beh, il se fait plaisir !

Le labyrinthe de Tolman expérimente lui aussi l’apprentissage.

Les rats se déplacent dans un labyrinthe en forme de croix, qui comporte deux branches courtes D1 et D2, et deux branches plus longues, A1 et A2. Le point de départ du parcours est alternativement D1 et D2. La nourriture qui sert de renforcement se trouve soit en A1 soit en A2.

 Le labyrinthe de Tolman expérimente lui aussi l’apprentissage. Les rats se déplacent dans un labyrinthe en forme de croix, qui comporte deux branches courtes D1 et D2, et deux branches plus longues, A1 et A2. Le point de départ du parcours est alternativement D1 et D2. La nourriture qui sert de renforcement se trouve soit en A1 soit en A2. On compare deux situations :

Situation 1 : La nourriture est toujours en A1, mais le point de départ varie : D1 ou D2, alternativement.

Situation 2 : La branche où est placée la nourriture varie en fonction du point de départ : A1 pour D1, A2 pour D2.

L’apprentissage est beaucoup plus facile à réaliser dans la situation 1. Tous les animaux, dans cette situation, apprennent correctement à se diriger vers le même lieu (A1), quel que soit le point de départ. Dans la seconde situation, seuls 3 rats sur 8 apprennent correctement à tourner toujours à droite ; les 5 autres se dirigent toujours vers un même point d’arrivée, bien qu’ils n’y trouvent de la nourriture qu’une fois sur deux.
On a donc affaire ici à un apprentissage de lieu, et non à un apprentissage de réponse : l’orientation du rat n’est pas déterminée par des réactions motrices automatisées ; il se repère d’après des indices fournis par l’environnement, et construit une représentation globale du lieu où il se trouve, c’est-à-dire une carte cognitive. D’où ce rituel d’exploration chez les rongeurs, dès qu’ils découvrent un nouveau lieu. Des expériences similaires au labyrinthe de Tolman ont été mises en relation au rêve.
 Watson et Rayner expérimentèrent la généralisation de la peur avec Albert, un enfant de dix mois qui avait l’habitude de jouer avec les rats de laboratoire. Afin de supprimer cette activité chez l’enfant, ils associèrent la vue du rat à un bruit bref et intense qui faisait sursauter et pleurer Albert. Le conditionnement a rapidement pris effet et les rats, jusqu’alors stimuli neutres vis-à-vis de la peur, avec qui l’enfant prenait même plaisir,

produisirent cette réponse de manière conditionnelle, générant des stratégies d’échappement et d’évitement de la part de l’enfant, pour ne plus être confronté à la vue des rongeurs. La réponse conditionnelle s’observait en présence des rats, mais s’est aussi généralisée aux autres rongeurs et même à un manteau de fourrure.

  Initialement, le jeune enfant ne montrait pas de signes de peur face à l’animal, mais était terrifié dès que, hors de sa vue, l’expérimentateur cognait bruyamment une plaque d’acier, à l’aide d’un marteau.
 Alors, afin de lier ce stimulus inconditionnel, à la vue du rat, le chercheur a présenté le rat à l’enfant et produisit le son effrayant. Suite à 5 présentations des stimuli conditionnels et inconditionnels, Albert a développé une phobie des rats. Il gémissait et tentait d’échapper au rat.

Après 2 présentations supplémentaires des stimuli conditionnels et inconditionnels, l’enfant hurlait immédiatement à la vue du rat. « Albert s’est jeté sur son coté gauche et est parti si loin et rapidement qu’il a été attrapé avec difficulté. » (Watson & Rayner)
SI (Bruit du marteau + plaque) RI (Peur)
SI (Bruit du marteau + plaque) + SC (Rat)
RI (Peur)
SC (Rat)
RC (Peur)

 

La méthode de désensibilisation systématique de Wolpe a pour but d’abolir la peur conditionnelle et créer un conditionnement de réponses antagonistes, comme par exemple la relaxation musculaire. Exemple avec le petit Peter qui présentait des signes de peur à la vue des lapins et avait recours à des stratégies d’évitements afin d’échapper à la vue des rongeurs. De la sorte il n’avait pas l’occasion de se rendre compte qu’ils étaient inoffensifs. Pour mettre un terme a cette peur conditionnelle, le thérapeute présente à l’enfant des peluches ressemblants de plus en plus aux lapins et de plus en plus rapproché de l’enfant. Cette procédure progressive a permis à l’enfant d’être confronté d’abord de loin à l’élément phobogène, sans avoir recours à des stratégies d’évitement qui l’auraient empêché de découvrir que non seulement la rencontre avec les lapins n’est pas associés à la souffrance, mais qu’elle peut même s’accompagner de plaisir.

Tolman utilisa le concept d’apprentissage latent, pour désigner un apprentissage qui se réalise en dehors de toute incitation explicite à apprendre, et qui reste « invisible » si la situation ne motive pas l’organisme à émettre un comportement observable issu de cet apprentissage.

A lui seul, le conditionnement est insuffisant pour mener à individu à l'apprentissage. Cette expérience de l’apprentissage latent de Tolman et Honzik le démontre.

Trois groupes de rats affamés sont placés dans un labyrinthe.

Groupe 1 : Pas de nourriture à la fin du labyrinthe

Groupe 2 : Nourriture du 1er au 17ème jour

Groupe 3 : Nourriture du 11ème au 17ème jour

 

Nombre moyen d’erreurs lors de chaque essai quotidien pour le groupe 1 ne recevant jamais de nourriture, le groupe 2 renforcé dès le premier jour et le groupe 3 renforcé à partir du onzième jour :

 On s’aperçoit que le groupe 1 a une performance stable, évolue peu. Le nombre d’erreur du groupe 2 se réduit régulièrement. La performance du groupe 3 est égale à celle du groupe 2 dès qu’il reçoit le renforcement et ses résultats sont même meilleurs par la suite. On observe un apprentissage latent de la configuration du labyrinthe.

Pour en revenir aux gerbilles, vous comprendrez aisément, après la lecture de cet article, que ces théories sont aussi valables sur leur comportement. Le conditionnement, agit sur elles, tout autant que sur le rat, le chien, le singe et même l'homme, tout aussi imperceptible soit-il.

 

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http://nice-nac-elevage2gerbilles.wifeo.com/conditionnement.php
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