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Après avoir dépensé toute leur énergie en rongeant, creusant des tunnels dans leur litière ou en essayant d’atteindre un lieu inconnu par une course folle dans leur roue, nos gerbilles prennent un repos bien mérité. La nuit dernière, Lulu, l’une de nos gerbilles, agitait frénétiquement la patte. Vous aussi avez sûrement déjà vu vos rongeurs s’agiter pendant leur sommeil ou émettre des petits couinements.
Les phases de sommeil et d’éveil de la gerbille s’alternent à un rythme rapide de 2 à 5 heures. Elles dorment blotties les unes contre les autres, généralement orientées dans des directions différentes, par instinct de survie, pour couvrir les horizons face aux éventuels prédateurs de la nature. Est-ce que nos gerbilles rêvent ? Cet article nous dévoile une partie des secrets du sommeil des animaux. I - Différents types de sommeil Ces phases sont reconnaissables par leurs rapides mouvements oculaires (d’où le nom de sommeil REM, « rapid eyes movements »). C’est durant ces phases cérébrales actives que les rêves apparaissent, amenant certains auteurs à l’équation assez limitée de SP = rêve.
Les fœtus et nouveaux nés connaissent un taux de sommeil paradoxal deux fois plus élevé que les adultes. On suppose que la maturation cérébrale se poursuivrait durant le sommeil et les rêves. C’est en rêvant que bébés animaux et hommes deviennent grands. II - Les animaux ne sont pas égaux en rêves
Il semblerait que la rareté de nourriture et la durée de sommeil soient souvent liés. Certains oiseaux quant à eux, peuvent dormir tout en volant, ou se diriger sur l’eau endormis. Ceci serait dû à leur particularité d’avoir un sommeil hémisphérique unilatéral, tout comme le dauphin. Une partie du cerveau semble dormir tandis que l’autre est en éveil, alternativement, ce qui permet à l’animal de réagir rapidement en cas d’attaque de prédateurs. Les raies ou les requins nagent continuellement, en phase d’éveil ou de sommeil, car ils en ont besoin pour respirer.
Ainsi l’expression « quand le chat n’est pas là, les souris dansent » semblerait être véridique, quand les prédateurs dorment, les proies s’agitent. Les proies ayant un sommeil paradoxal plus court pour réagir vivement à l’arrivée de prédateurs. C’est de cette façon que les animaux ont développés des façons de dormir différentes. Le sommeil plus long des prédateurs résulterait de leur nécessité d’économiser leurs forces pour la chasse, qui ne sera pas toujours fructueuse. On dit aussi que plus l’animal est petit, plus il a besoin de sommeil lent pour ordonner les paramètres de son métabolisme.
Les techniques de sommeil elles mêmes sont adaptées à chaque races : collées les unes contre les autres comme les gerbilles; debouts tels les chevaux et girafes, qui perdraient du temps à se lever pour galoper; la tête en bas, comme la chauve souris, qui se laisserait tomber pour s'enfuir rapidement; en équilibre sur une patte comme le flamant rose, qui n'a plus qu'une patte à sortir de l'eau pour s'envoler; ou sur une branche tels le babouin, koala et raton laveur, prévenus de l'arrivée du prédateur par le balancement de la branche; sous la couette, pour que maman ne voit pas que je joue à la gameboy alors qu'elle m'a dit de dormir, etc. III - Sommeil et apprentissage Des expériences tentèrent d’analyser ces différentes phases de sommeil. Notamment le chercheur Carlyle Smith, qui en 1985, constate, en privant le rat du sommeil paradoxal pendant quelques heures, que la mémorisation est perturbée, tandis que la privation du sommeil lent ne semble pas avoir d’impacts. Il démontre par ailleurs que la durée du sommeil rapide augmente lorsqu’elle succède un apprentissage. Le sommeil lent, de son coté, ne présente pas de modifications.
Dans notre article sur le conditionnement, nous présentons les rats du labyrinthe de Tolman, dont l’orientation s’effectue grâce à un apprentissage de lieu. Une expérience similaire est réalisée en relation au SP. - Les rats sont placés dans un labyrinthe en Y à deux branches, dans lequel la nourriture est toujours au même emplacement. Dans ce cas l’apprentissage n’est pas perturbé par la privation de SP. - Dans un second cas d’apprentissage discriminatif, l’emplacement de la nourriture varie de manière aléatoire d’essai en essai. La branche comprenant la nourriture est signalée par une lumière. Ici l’apprentissage est plus ou moins perturbé par la privation de SP, selon que les performances sont faibles ou pas. Lorsque l’animal maitrise cette tache, l’efficacité est grandement diminuée. L’apprentissage par habituation n’impliquerait pas le SP, tandis que l’assimilation d’informations variables y ferait appel. ![]() L’augmentation du sommeil paradoxal se manifeste à partir d’un certain niveau de performance seulement et sa durée redevient normale lorsque l’animal maitrise sa tâche. Ainsi si l’on veut par exemple entrainer une gerbille à l’agility, il serait plutôt recommandé de lui laisser effectuer une pause lorsqu’elle commence à répondre correctement à nos attentes.
IV - Sommeil et mémoire En 1924, J Jenkins et K Dallen-Back prouvent que la mémorisation est meilleure quand l’apprentissage est suivi d’une période de sommeil, plutôt qu’un moment d’éveil. La première hypothèse qu’ils émettent est que le souvenir serait protégé des interférences extérieures par le sommeil. La seconde postule que les informations sont retraitées pendant le sommeil, consolidant le souvenir. Il a été démontré que l’apprentissage par conditionnement, chez l’animal, est possible durant le sommeil paradoxal.
Des expériences effectuées chez le rat ont démontré que l’apprentissage par conditionnement est possible durant le sommeil paradoxal. Un son et un petit choc désagréable ont été associés pendant le sommeil du rat. A son réveil, l’animal a gardé en mémoire que le son, stimulus conditionnel, est annonciateur d’un évènement désagréable, le stimulus inconditionnel. Dès lors, lorsque le rat entend le son, il procède à une stratégie d’évitement. L’effet n’est visible que dans le sommeil paradoxal, pas dans le sommeil lent.
Francis Crick, codécouvreur de l’ADN, spécialiste de neurosciences énonce l’hypothèse selon laquelle si le sommeil paradoxal favorise la rétention d’informations, c’est aussi parce que le rêve permet l’oubli. Mais cet oubli n’est pas aléatoire, le rêve aurait un rôle de désapprentissage sélectif, éliminant les connections inutiles dans la trace mnésique, permettant de classer les données reçues dans la journée. On s'arrange aussi pour oublier ce qui nous dérange dit-on, un diner chez sa belle mère sera malencontreusement oublié, à cause, bien sur, du sommeil.
de programmes génétiques dans l’organisation du système nerveux. Des expériences effectuées sur des animaux ont démontré que la plasticité neuronale (modification du cerveau suite à l’apprentissage) serait renforcée ou stabilisée par le sommeil paradoxal, important pour l’acquisition de compétences spatiales et comportementales. Des illusions, obsessions et hallucinations résultent de la privation du sommeil. En vous agitant de sorte que vous empêchez vos gerbilles de dormir, vous compromettez leur mémoire et la bonne exécution de leurs comportements.
![]() De nombreux chercheurs s'intéressent aux rêves, que ce soit en psychologie, en neurosciences etc. Récemment, des chercheurs asiatiques cherchaient à développer une technologie capable d'afficher les pensées du cerveau, dont les rêves. Seules des images simples de l'activité cérébrale ont pu être visualisées, mais même si tous les mystères ne sont pas dévoilés, la science progresse toujours.
Les animaux, sont tout à fait capables, comme les Hommes, de substituer un élément réel par un autre virtuel. C’est en rêvant que bébés animaux et Hommes deviennent grands, disions nous. Le sommeil est ainsi primordial pour la vie des êtres vivants, quels qu'ils soient. Lien vers cet article :
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